Le Fichier National Automatisé des Epreintes Génétiques enfle sans discontinuer. Environ deux millions de personnes y seraient déjà répertoriées. En tenant compte des techniques qui permettent de trouver l'ADN d'une personne à partir de l'ADN d'un de ses proches parents, c'est peut-être cinq fois plus de personnes qui sont concernées.

Créé officiellement pour traquer les délinquants sexuels, le FNAEG concerne en réalité n'importe qui. On peut se voir prélever son ADN sur un simple soupçon de vol, de tag, de violence en manif, et, que l'on soit reconnu coupable ou innocent, c'est un délit de refuser de le donner. C'est pourtant ce qu'il faut faire si on ne veut pas alimenter le délire sécuritaire sans fin de l'Etat démocratique.

L'objectif inavoué est évident : il est de ficher la totalité de la population. D'élargissement en élargissement, le champ de ceux qui sont potentiellement concernés n'a cessé de s'agrandir, et on peut parier que ce n’est pas fini. La propagande sur « l’efficacité » de cette preuve judiciaire accoutume à l'idée qu'il est normal de donner son ADN. La seule limite, c’est le coût des analyses, la maîtrise de la gestion d’un nombre considérable de données et l’efficacité des recoupements possibles. Cette limite ne cesse d’être repoussée, et si le FNAEG n’en rencontre pas une autre, posée par ceux qui refusent de se soumettre à ce fichage tentaculaire, il peut continuer à grossir encore longtemps.