En février et en mars, comme en Grèce, en Italie ou au Portugal, les Espagnols ont manifesté contre les mesures d'austérité sans fin. La lutte contre les effets de la crise, encore limitée en France, atteint dans les pays du sud de l'Europe une dimension critique.

On entend souvent, dans ces manifestations, des slogans contre « la dictature des marchés » ou « le coup d'Etat de la finance ».

Il faut le dire et le redire : ce n’est pas la finance le problème.

La finance n’est que la traduction, dans des termes plus visibles, de ce qu'est le capitalisme. Ce n'est pas la finance qui domine, qui exploite et qui écrase, c'est le système social tout entier. Refuser l'austérité, ce n'est pas contester le pouvoir des seuls banquiers ou financiers : c'est contester le pouvoir tout court, celui qu'exerce tous les capitalistes et leurs divers agents.

Croire que la finance est le problème, c'est s'imaginer que l'Etat pourrait la « réguler » et nous sauver de ses « excès ». Mais l'Etat n'est pas un rempart contre les excès du capitalisme : tout au contraire, c'est un rempart contre la colère des prolétaires. On l'a vu encore une fois devant Goodyear au début du mois de mars. On le voit déjà tous les jours en Grèce. On le verra encore partout où il faudra renforcer l'exploitation pour sauver l'économie capitaliste.

Refuser l'austérité ne se fait pas en réformant l’économie, mais en la précipitant dans l'abîme.