0,8%, 0,3 % 0,1%, le débat s'emballe entre le gouvernement, l'opposition, la commission européenne et on ne sait qui encore sur les prévisions de croissance en 2013. Tous ces acteurs s'accordent pourtant sur un point : la croissance est indispensable, et plus il y en a, mieux c'est.

Mais que signifie la « croissance » ? Plus de profits pour les capitalistes, plus de boulot, donc plus de salaire mais aussi plus d’exploitation pour les gens qui travaillent, et aussi plus d'épuisement des ressources et de destruction du milieu naturel, jusqu’à une limite fatale dont on s'approche peut-être dangereusement.

Pour autant, il est naïf d'en appeler à une « décroissance » concertée et maitrisée. Le capitalisme ne peut pas décroitre volontairement : son déséquilibre dynamique exige une accumulation continue, que seules des crises viennent parfois violemment contrarier. Le capitalisme est un système d'exploitation et de domination qui a la particularité d'embarquer tout le monde, dominants comme dominés, dans son emballement sans issue. Mais ceux qui en bénéficient - les patrons, les politiciens, les élites sociales - préfèrent entrainer le monde entier dans cette course vers la mort plutôt que de risquer de perdre leurs misérables privilèges.