Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

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Passe-passe




La présentation des résultats des élections présidentielles au soir du second tour, le dimanche 6 mai 2012, aura donné lieu à l'habituel tour de passe-passe que les règles électorales autorisent pour donner l'illusion que le vote est l'expression d'une volonté majoritaire.

En effet, le chiffre de l'abstention qui a été communiqué s'élève à 18,97 %, ce qui semble être, pour un second tour, un chiffre moyen, supérieur à celui de 2007 où la participation avait été particulièrement élevée (16,03%), mais inférieur au chiffre de 2002 lorsque Jacques Chirac était opposé à Jean-Marie Le Pen (20,29%).

Quand aux résultats, ils donnent, comme toujours, une majorité absolue au vainqueur, crédité donc ce soir de 51,67 % des suffrages.

A première vue, donc, il semblerait qu'environ 81 % des électeurs inscrits sur les listes électorales se soient déplacés et que parmi eux un peu plus de la moitié se soient prononcés en faveur François Hollande.

Bien entendu, il n'en est rien.

Comme je l'ai déjà souligné, les chiffres de l'abstention sont calculés en fonction du nombre d'électeurs ayant voté, tandis que les résultats sont donnés en pourcentage des suffrages exprimés.

Autrement dit, les votes blancs ou nuls sont comptabilisés d'un côté afin de présenter un chiffre d'abstention aussi bas que possible, tandis qu'ils sont ignorés de l'autre de manière à ce que la présentation des résultats offre une majorité mathématique à celui qui remporte l'élection.

Il se trouve que, peut-être à la suite des consignes de Marine Le Pen, les votes blancs ou nuls sont importants lors de l'élection de 2012. Ils étaient au nombre de 1 568 426 en 2007, et il y en a 2 139 446 en 2012. Soit une progression de plus de 35 %.

Si, donc, on exprime le score du nouveau président en fonction du nombre de votants, on verra que ce ne sont nullement 51,67 % des électeurs de dimanche qui l'ont choisi, comme on voudrait nous le faire croire, mais bien 48,65 % seulement (17 830 694 suffrages sur 36 646 797 votants). Soit moins d'un sur deux, finalement

Rapportés aux inscrits, Hollande n'est plus choisi que par 39,42 % des électeurs potentiels. Et si on évalue à cinq millions de personnes le nombre de non-inscrits, alors Hollande ne représente plus guère que le choix de 35 % environ des citoyens français, un peu plus de un sur trois. Et celui d'environ 25 % des gens qui habitent en France, quel que soit leur âge ou nationalité.

Tout ceci, bien entendu, en présupposant que glisser un bulletin marqué du nom de Hollande dans une urne mérite de s'appeler « un choix ».
 
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Commentaires
1.   crésus,  jeudi 9 août 2012 à 10:15

si tu fais les mêmes calculs aux USA, cela fait des décennies que les présidents sont élus avec environ 25% des électeurs inscrits - je crois qu' en france le record a été battu par Pompidou contre Poher - je ne me souviens plus du chiffre exact... c'était le fameux "bonnet blanc - blanc bonnet"!

 
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