Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

Etat et terrorisme :: Crachez-leur à la gueule

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Mort au Capital




Un jour, un monde complexe de tours fièrement dressées, de conglomérats d’usines et d’ateliers, de cargos sur toutes les mers et de commerce international perpétuel s’effondrera. Tout débutera par exemple dans un bureau anonyme au cinquantième étage d’un immeuble en Chine : mais qui pourrait tout aussi bien se situer à Singapour, ou à New-York, Londres, Francfort, voire à Sao Polo. Là, quelques responsables catastrophés découvriront l’ampleur des pertes que leur banque devra à un employé indélicat, à des placements hasardeux, ou à des produits si sophistiqués qu’on aura oublié d’inventer l’outil mathématique qui permettrait d’en mesurer la rentabilité. Les choses pourraient en rester là. Cela ne ferait qu’une faillite de plus, créatrice d’un déficit qu’un Etat habitué à la règle de privatisation des profits et socialisation des pertes s’empresserait d’éponger.

Oui mais voilà. Ce jour-là, à cette faillite retentissante s’ajoutera une foule de petits événements qui, chacun pris isolément, seraient certainement sans grandes conséquences : des remous dans les bourses asiatiques, des crédits interbancaires en chute libre, une crise des liquidités, des cours mondiaux de matières stratégiques en hausse exponentielle... Ce jour-là, tous ces évènements structurels ou conjoncturels se lieront soudain dans ce noeud commun qui les étranglera tous : une véritable crise de la valeur.

La valeur s’est si vivement et si complètement dispersée dans le capitalisme contemporain que, croyant encore pouvoir la trouver partout, on découvrira d’un coup qu’elle n’est plus nulle part. La monnaie marchandise a pratiquement disparu au cours du XXe siècle, ne subsistant qu’à l’état symbolique de référence à l’idéal monétaire. Quatre siècles de domination absolue du monde marchand ont fait de la foi en la monnaie le substrat de la valeur. Mais l’argent est aujourd’hui comme le droit divin à la fin de l’Ancien Régime: c’est parce qu’on n’en n’imagine pas la fin qu’il se perpétue encore. L’argent est le Louis XVI de notre temps.

Un jour, un monde complexe de marchés mondiaux interconnectés et de capitalisme triomphant s’effondrera. Le problème n’est pas de savoir si cela aura lieu, ni même quand, mais bien plutôt : qu’arrivera-t-il après ? Cette question n’est pas anodine. On ne peut certes pas y répondre avant que cet évènement gigantesque n’ait lieu ; mais si la réponse n’est pas d’actualité, la question l’est certainement. Catastrophe, anéantissement ou révolution : de ce que nous faisons aujourd’hui dépend ce que nous serons capables de faire demain.


Mort au Capital, un livre de Léon de Mattis, à paraître un jour.
 
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Commentaires
1.   Attila,  mercredi 30 avril 2008 à 12:59

Salud du teasing !!

 
2.   Anselme,  jeudi 1 mai 2008 à 13:42

à Attila: rien ne prouve que ce monsieur Léon de Mattis, contrairement à l'avenir, tienne ses promesses...

 
3.   A.D.ndd,  jeudi 1 mai 2008 à 23:31

Salut,
pas sûr que tout s'écroule sans aider un tant soit peu ,non? En tout cas, les convulsions crises n'accoucheront pas automatiquement de ceci ou cela, c'est un peu pourquoi je me dis, parfois, que rien ne remplace la révolte, la vie contre, le refus des règles, le rejet des groupes. Les groupes ont une fâcheuse tendance à perdurer pour perdurer, ils ressemblent,in fine, à n'importe quel groupe dans un monde de classes : une hiérarchie, même non dite, même informelle ; il y a les fondateurs, les charismatiques, les suiveurs, les assidus et les branleurs, les vip et les autres. C'est ce que je pense des théoriciens, des réunions, pour une autre réunion, les stages, dans le vaucluse ou les aurès, l'investissement et oui on dit ça, on s'investit dans un groupe. Puis on retourne au boulot, en attendant la prochaine réunion, le prochain concile où l'on reverra les pots, les copains, les comrads. Et pas trop de risquenon plus, ça nuit à la bonne marche des opérations de réunions et d'élaboration conceptuelle, et c'est ça qui compte, faire son concept, jacter théoriquement, ou écrire des bouquins..
La théorie doit servir et périr.
Salutations
A.D.

 
4.   A.D.ndd,  mardi 13 mai 2008 à 21:57

Salut
Ah! je croivais que c'était Léon, mais c'est G Rome( tout les chemins y mènent)...
Allez j'étais un peu d', à cause di costard di msiou sur la foto...
Un peu léger, aussi, au sujet des groupes( inévitablement me font penser à groupies), mais tout n'est pas pareil, non...Je retire donc les bêtises...
A priori je ne doute pas de l'honnêteté, ni de la révolte, il n'y a pas que des affairistes...NDd
Salutationsotokrik
A.D.

 
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