Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

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Has been




« Tout passe, tout casse, tout lasse ». On le sait, ce proverbe éculé est le premier des dix commandements médiatiques, et il était facile de prédire, dès les débuts de la présidence actuelle, qu’il n’y aurait pas d’autre sort possible pour le nouvel élu. Jean-Marie Le Pen, qui s’y connaît en dictons ringards, nous le rappelait encore dans l‘édition du Figaro du 17 novembre 2007 : « tout passe, tout casse, tout lasse ». Le Pen lui-même, d’ailleurs, a aussi fini par lasser, et on peut espérer maintenant qu’il cassera promptement sa pipe.

« Tout passe, tout casse, tout lasse ». On savait dès le début qu’on ne tiendrait pas cinq ans à ce rythme là, et il ne nous restait qu’à attendre le moment où Sarkozy serait enfin has been. Et bien, ce moment est arrivé. Sarkozy, déjà, est sur la pente descendante. Non pas de sa « côte de popularité », ou autre faribole du même genre. Non, Sarkozy est sur le déclin de son personnage, de son attrait médiatique et de tout ce qui fait la soi-disant nouveauté de son style politique.

Oh, bien sûr, on pourra toujours prétendre qu’il fait encore à la une de la presse, que les péripéties de son mariage ou la mise en scène de ses conférences de presse attirent encore l’attention, ou tout ce qu’on voudra. Peut-être. Mais il y a des signes qui ne trompent pas. Une certaine routine dans le foisonnement d’articles qu’on lui consacre encore, peut-être, ou une manière un peu trop distancée de rapporter les derniers faits qui le concernent... Quand on en est là, les choses peuvent, parfois, aller très vite. Dans quelque mois peut-être, à part une tentative de suicide avec l’arme de service de son garde du corps parce que Carla l’aura quitté, ou quelque chose dans le genre, il n’y aura plus vraiment grand chose que pourra faire Sarko pour qu’on parle vraiment de lui.

À moins, bien sûr, qu’il ne se décide pour de bon à déclencher une guerre à l’étranger ou une guerre civile en France. La première des solutions ne dépend pas totalement de lui, mais une telle possibilité ne peut guère être exclue dans le contexte actuel de la « guerre contre le terrorisme ». Qu’un nouveau taré du style de Bush junior soit élu président des Etats-Unis l’an prochain, et c’est la guerre en Iran, ce qui serait une toute autre paire de manche que l’Irak. Sarkozy s’engouffrerait dans la brèche, évidemment, et tenterait, un peu à la manière de Thatcher avec la guerre des Malouines, de jouer l’élan patriotique autour de sa personne.

La seconde solution serait très périlleuse, car il y a beaucoup à perdre, pour l’Etat, à exacerber les conflits sociaux et les luttes de classe en France. Sarkozy serait pourtant assez fou pour vouloir s’y lancer et tenter de se donner ainsi, définitivement, l’image du winner qui a triomphé de « l’anti-libéralisme ».

Le laissera-t-on faire ? L’avenir nous le dira.
 
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Commentaires
1.   AD,  dimanche 13 janvier 2008 à 22:11

Salut
Ce jps est démocratique à n'en plus pouvoir, on y trouve de jolis portraits de bureaucrates du défunt P.S., une vraie nausée.
A part ça, j'aimerai bien le déclin, pourquoi pas le dévissage général? pour tout dire:Abat le monde!et vive la commune..
C'est bien de rire un peu, mais c'est très dur. Aussi c'est pas avec ces jps vomitifs qu'on y arrivera, nom de dieu! AD

 
2.   nad,  mercredi 6 juin 2012 à 13:32

"À moins, bien sûr, qu’il ne se décide pour de bon à déclencher une guerre à l’étranger ou une guerre civile en France. La première des solutions ne dépend pas totalement de lui, mais une telle possibilité ne peut guère être exclue dans le contexte actuel de la « guerre contre le terrorisme »."

Toujours 5 ans plus tard. Là t'as mis quelques jours avant la prophetie sur le "terrorisme" (d'ultragauche) ET sur la guerre (à l'ami kadafi) qui elle est venue plus tard

 
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