Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

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Provocation





Depuis les deux nuits d’émeutes à Villiers-le-Bel, le pouvoir a multiplié les provocations et les menaces. Fadela Amara, d’abord, soumise aux ordres de Sarkozy, vient affirmer dans Le Parisien du 29 novembre : « Ce qui s’est passé, ce n’est pas une crise sociale ». Et ajoute : « Ce n’est pas parce qu’on est pauvre, exclu, discriminé que l’on peut saccager ». Frédéric Péchenard, ensuite, l’ami d’enfance que le Président de la République a nommé Directeur général de la police nationale, lance dans Le Monde daté du premier décembre que quand une voiture de flic vient shooter deux ados en moto il ne faut voir là qu’un « tragique et banal accident de la route ». Il faut bien faire attention ici au sens des termes. Qu’un tel événement soit qualifié de « banal » par celui qui est tout de même à la tête de la Police Nationale ne peut vouloir dire qu’une chose : c’est qu’il va être amené à se reproduire. Il faut donc appeler les choses par leur nom. Cette déclaration s’apparente à une véritable autorisation de tuer délivrée à tous les flics de France par le sommet de la hiérarchie policière.

Sarkozy, enfin, qui le 29 novembre, devant un parterre de flics ou à la télé, ne s’est pas privé de déclarations haineuses. Comme Fadela, il affirme : « Ce qui s’est passé à Villiers le Bel n’a rien à voir avec une crise sociale ». Comme Fadela toujours (on voit que la com de la sous-ministre a été bien cadrée) « Tous les chômeurs ne tirent pas sur les policiers et les gendarmes ». Et enfin, et pas comme Fadela cette fois, mais de voir celle-ci rester au gouvernement après de tels propos en dit long, Sarko, en réponse à la question d’une journaliste, va convenir qu’il existe dans les banlieues un « malaise social » qu’il va lier immédiatement à une « immigration non maîtrisée » et à l’existence de « personnes qui ne se sont pas intégrées», pour conclure que « c’est la raison pour laquelle les forces de l’ordre ont des consignes de sévérité à l’endroit des délinquants ».

Le traitement répressif de tout mouvement de contestation ou de révolte n’a évidemment rien de nouveau. On l’a encore vu à l’oeuvre lors des grèves de la SNCF ou dans le mouvement étudiant et lycéen. Quand Sarkozy affirme qu’il ne faut pas chercher à « expliquer » ce qui se passe parce que ce serait déjà « excuser », cela ne signifie en rien que le pouvoir ne cherche pas à savoir ce qui se passe, mais seulement qu’il a fait un choix stratégique clair. Si les moyens d’action des émeutiers de Villiers le Bel se radicalisent, leurs revendications, elles, n’ont malheureusement rien d’extrémistes. On ne demande pas grand chose dans ces cités : seulement que les flics parlent à ceux qu’ils contrôlent comme à des êtres humains et non comme à des chiens, et qu’ils arrêtent de provoquer la mort de mômes comme à Clichy ou à Villiers. Ces revendications sont parfaitement comprises, quoi qu’en dise le pouvoir. Mais voici la réponse qui a été choisie: provocations, menaces et occupation militaire du territoire par les flics, les hélicos et les snipers du Raid.
 
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Commentaires
1.   AD,  samedi 8 décembre 2007 à 19:17

Salut
C'est la démocratie réellement existante: toujours perfectible, toujours border-line, les gentils médiateurs, ou la force publique.
République, démocratie, politique et société, il n'y a rien à conserver.
Vive la Commune Nom de dieu!
A.D.

 
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