Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

Décomplexé :: Psychopathe

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Vaudeville




On serait évidemment tenté d’absoudre Nicolas Sarkozy de toute responsabilité dans le spectacle cocasse des dernières péripéties conjugales qui frappent la présidence de la république. Il est vrai que les rumeurs qui courent sur la séparation du couple, sur l’amant de Cécilia ou sur la liaison entre Nicolas et Rachida échappent manifestement à la volonté du président et de ses spécialistes de la communication.

Il paraîtrait donc plus logique d’incriminer le voyeurisme du public, ou encore Internet qui favorise la diffusion de toutes sortes d’informations, confirmées ou non, ou enfin la presse et en particulier la presse internationale qui commence à s’intéresser plus précisément au sujet alors qu’elle serait censée de ne pas se mêler de la vie privée du président, mais seulement de sa vie publique.

Mais, précisément, c’est bien là le problème. Sarkozy a mélangé sa vie intime à sa personnalité publique à un point tel qu’il ne peut plus être question de les dissocier. C’est là le résultat d’une politique délibérée. C’est bien lui qui avait mis en scène sa femme et son fils lors d’un reportage télévisé incroyablement complaisant à l’époque où il était ministre de l’intérieur. C’est bien lui également qui a propulsé sa femme en avant lors de l’histoire des infirmières bulgares, lui toujours qui a joué la partition de la « famille recomposée unie » le jour de son investiture.

C’est bien lui enfin qui se met en scène constamment, qui fait de sa personne, de son caractère supposé inflexible, de ses qualités d'individu un argument électoral perpétuel. Une pratique qui l’a conduit à mettre sa trombine sur le bandeau officiel du site Internet de l’Elysée. Comme le fait remarquer Le canard enchaîné du 10 octobre, une telle personnalisation du pouvoir ne se trouve guère que chez quelques têtes couronnées, telle la reine d’Angleterre, et rompt avec les traditionnels usages républicains.



Une telle exhibition constante de soi implique aussi une exhibition de l’intimité, et le couple Sarkozy, qu’il le veuille ou non, a maintenant toute sa place dans les magazines people entre la cellulite de Britney et le récit de la dernière cuite de mademoiselle Hilton.

La conclusion de tout cela, c’est un spectacle ridicule mais tout à fait hilarant, où les histoires de cul de monsieur et de madame la présidente ont transformé l’Elysée en un Loft-Story permanent et dont, on peut l’espérer, l’image même du pouvoir ne peut sortir intacte. Que la fonction présidentielle s’abîme enfin dans une farce grotesque, voilà tout ce qui nous reste à souhaiter.
 
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Commentaires
1.   .~#.LinColn.#~.,  samedi 20 octobre 2007 à 04:11

(Flatterie d'ouverture)
Merci pour ce blog d'une pertinence rare.
Merci pour ton énergie.
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(Contexte) :
Ceci m'a toujours surpris : les intellos décroissants (je ne parle pas de Vincent Cheney le républicain malhonnête..) ou même anarchistes (l'inestimable chomsky par exemple) parlent sans cesse du "pouvoir d'une oligarchie", de "ploutocratie bourgeoise" (Alain Accardo dans le Sarkophage n°2), etc ; sans toutefois oser franchir le pas consistant à traduire leurs euphémismes en affirmations claires :

"nous ne sommes pas en 'démocratie'."
"La démocratie effective ne réalise pas notre liberté."

Or, affirmer cela est un préalable pour se poser la question :

"Est-ce que la démocratie n'est pas effectivement ce qui nous empêche d'être libres, c'est-à-dire égaux, c'est-à-dire non dominés ?"
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(Léchage:)
Je te propose un artiste qui t'enchantera absolument :
Kyma, rappeur libertaire.

Et un deuxième :
Loïc Gautelier qui réalise une pièce titrant "La démocratie n'a jamais existé!" (Il pose des questions : "Être citoyen ne consiste-t-il qu'à voter pour des représentants de lobbies, d'élites ?")
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(Léchage crâde:)
J'ai foncé commander ton livre qui, à la lecture de ton blog, ne saurait décevoir, sinon (enfin) questionner.
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(Aboutissement:)
> Serais-tu intéressé à venir t'exprimer lors d'un Forum Social Local Nancéen courant 2008 ?

> J'aimerai avoir ton e-mail, n'hésite pas à me joindre pour me faire plaisir.
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(Viles paroles:)
J'ai autre chose à te proposer mais ne pourrais l'exprimer publiquement.
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(Bonus pour se quitter en ami:)

"Nos démocraties électives ne sont pas des démocraties représentatives"
Préambule de Paul Ricoeur.

Corps du texte : " De même que je ne voudrais pas être un esclave, je ne voudrais pas être un maître. Telle est ma conception de la démocratie. Tout ce qui en diffère, et la différence est d'autant plus grande, n'est point de la démocratie."
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(Bonus sous la forme d'un mot, pour avoir quelque chose sous la dent:)
Lotocratie. (Ou stochocratie pour les passionnés des racines grecques)
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(Flatterie de fermeture:)
Peu m'importe, *merci*.

 
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