Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

La décroissance des crapules :: Vaudeville

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Décomplexé




« Décomplexé » : c’est l’euphémisme officiel utilisé par les médias pour décrire le style de Sarkozy et de sa bande. Le nouveau pouvoir aurait donc un rapport « décomplexé » à l’argent, à la célébrité, aux relations avec les milliardaires, aux vacances sur les yachts ou dans les stations balnéaires réservées aux rupins.

On l’aura donc compris, « décomplexé » signifie « sans vergogne », « sans retenue », « sans honte », « sans la moindre gêne et dans le plus total exhibitionnisme ». Et c’est bien ainsi, en effet, que s’affiche Sarkozy, le nouveau riche de la politique, celui qui exhibe sa fonction de ministre ou de président de la république comme d’autres leurs tocantes ou leurs fringues de luxe.

Pourtant, et par un bizarre retournement de sens, « décomplexé », dans le cas de Sarkozy, ne peut certainement pas signifier « sans complexes ». On sait bien que l’image publique d’un politicien est un subtil mélange entre des traits réels de son caractère et sa capacité à plier ceux-ci au portrait médiatique qu’il veut donner de lui. Sarkozy, qui gère sa présidence comme s’il était le rédacteur en chef de sa propre vie, ne l’ignore pas, et ce qu’il laisse passer de lui nous renseigne tout à la fois sur ce qu’il est et sur ce qu’il veut. Le résultat est sans appel. Cet homme a une revanche à prendre, et c’est bien de cette faiblesse qu’il entend faire une force, qu'on pourrait résumer ainsi: sa capacité à faire vibrer avec une certaine sincérité la corde du ressentiment.
 
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Commentaires
1.   Anselme,  lundi 15 octobre 2007 à 18:44

A propos d'euphémisme, on apprend dans le monde daté du 16 octobre que «graisser la patte des syndicalistes vendus au patronat» se dit «fluidifier les relations sociales» en langage du Medef.

 
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