L’UMP a obtenu, au premier tour des élections législatives, un peu plus de 45 % des suffrages exprimés, ce qui représente environ 27 % des inscrits, et un peu moins de 25 % des français en âge de voter si on tient compte des non-inscrits sur les listes électorales. Au soir du deuxième tour, l’UMP totalise 323 députés sur 577, soit 56 % des sièges.
Le PS, avec 27,7 % des exprimés et 16,4 % des inscrits au premier tour, a obtenu 35,5 % des sièges au final.
Le MoDem, avec 7,86 % des exprimés, a quatre députés, soit 0,7 % des sièges. Le Nouveau Centre, en revanche, qui a recueilli moins de 2% des suffrages, compte vingt membres dans la nouvelle assemblée.

L’assemblée nationale qui, depuis Sieyès, fait office de peuple à la place du peuple, n’est qu’une caricature de celui-ci, mais elle est en revanche l’image fidèle de l’intérêt des puissants.




Le Monde, dans son édition datée du 19 juin, s’est livré à un intéressant exercice de simulation : suivant les modes de scrutin, ce journal a calculé qu’avec les mêmes pourcentages de voix obtenus au premier tour, un parti comme le MoDem oscillait entre deux et soixante et un députés suivant les modifications possibles des règles électorales...
Pourtant, les journalistes concluent avec beaucoup d’optimisme que « le choix des électeurs reste l’élément décisif » de l’élection puisque, selon eux, l’UMP aurait gagné ces élections quel que soit le mode de scrutin. Il y avait donc un doute ?
En réalité, il est avéré que le mode de scrutin peut changer les résultats d’une élection, à la condition que les résultats en soient relativement serrés, ce qui n’était pas le cas pour ces législatives. L’exemple de la présidentielle américaine de l’an 2000 est le plus frappant.